Après la confirmation de la relégation du FC Metz en Ligue 2, l’atmosphère reste lourde autour du club—et peu de voix expriment ce malaise avec autant de franchise que celle de l’ancien attaquant Bernard Zénier, figure marquante des années fastes du FC Metz dans les années 1980, notamment vainqueur de la Coupe de France en 1988.
Invité de ICI Lorraine, Zénier a livré une analyse sans filtre, mêlant émotion, frustration et lucidité sur une nouvelle saison douloureuse.
« C’est un calvaire une saison comme ça. Pourtant, le FC Metz a un des meilleurs publics de France, qui suit son équipe, qui est toujours là, même quand ça ne va pas. Et Dieu sait si cette année, ça a été compliqué. J’arrive à prendre de la distance quand même, mais ça touche parce que c’est notre club de cœur, parce que c’est le club, quand on était gamin, on rêvait de jouer au FC Metz, donc moi je suis d’une génération où il y avait, dans cette équipe, un gros pourcentage de Lorrains. Mais depuis une quinzaine d’années, quand il monte, il est dernier en Ligue 1, il redescend. Avec tous mes ex-coéquipiers, ça nous fait mal au cœur. »
Sur l’identité du club, il ne cache pas son agacement :
« C’est l’image d’un club qui monte et qui descend. Des garçons contre qui j’ai joué en rigolent. Avant, on a été une très bonne équipe de Ligue 1 qui était redoutée parce que quand les équipes venaient à Metz, entre guillemets, ils avaient peur de venir jouer ici parce qu’ils savaient que ça allait être très difficile. Maintenant, ils nous parlent des marques d’ascenseur, bon, c’est bien de se faire un petit peu chambrer, mais à un moment donné, ça va, ça suffit. »
Élargissant son propos à la situation structurelle du club, il ajoute :
« C’est une histoire encore beaucoup plus compliquée, parce que si Bernard Serin veut vendre le club—ce que je ne sais pas—il faut encore trouver un acheteur, qui soit disposé à lui donner ce qu’il entend récupérer. Depuis 15 ans, il y a eu la construction d’une nouvelle tribune, il y a le centre d’entraînement qui coûte de l’argent. »
Enfin, sur la responsabilité sportive, Zénier se montre direct tout en reconnaissant le rôle du président dans la survie du club :
« C’est un échec collectif, mais à un moment donné, c’est le président qui décide, donc c’est lui le patron. Le club lui appartient, donc la responsabilité elle est sienne. Je reste mesuré, car sans Bernard Serin, il n’y aurait plus de club depuis quelques années à Metz. Ça, je lui accorde. Mais après, sportivement, ce qui s’est passé depuis sa présidence, ça a été—je vais être gentil—mauvais. Parce que quand le FC Metz monte, ils sont dans les trois derniers, voire derniers, et ils redescendent aussi vite, il y a peut-être une saison où ils se sont maintenus, donc sportivement, ça a été catastrophique depuis qu’il est là. »